Dans ce pays, posé sur des lagons magiques, chaque parcelle de terre est précieuse et chérie par ses habitants. Chacune de ces îles saura vous séduire par son particularisme, son relief, ses fragrances, sa vie dont la simplicité vous ravira et fera naître en vous une certaine nostalgie.
Bora Bora, l’ïle reine
Découverte en 1722 par le hollandais Jacob Roggeven,Bora Bora prononcée Pora Pora qui signifie premier né fut nommée ainsi selon la tradition orale parce qu’elle fut la première île à surgir dans la brume du matin de Hava’i,lieu de naissance de toutes les terres. La mythologie polynésienne nous dit qu’à l’origine Pora Pora se nommait Firiamata O Vavau et était le premier né de Ofai Honu ,la tortue de pierre dont il nous reste le pétroglyphe et du Mt. Pahia.
Très découpée,elle est cerclée d’un récif semé de « motu »qui ne communique avec la haute mer qu’au travers de la passe de Teavanui.
Son relief montagneux remarquable est dominé par les pics Otemanu et Pahia ,le plus souvent couronnés de longs nuages blancs.
La passe franchie,nous entrons dans le lagon et là entre le récif et la rive où se niche le village principal de Vaitape,émerge un soulèvement montagneux formé de deux îlots, Toopua Iti et Toopua Nui appelé aussi la pirogue de Hiro,l’un des héros mythologiques les plus célèbres de l’histoire polynésienne.
En se glissant dans le lagon on ne peut s’empêcher de songer au capitaine Cook bien sûr mais également,à Murnau et Flaherty , aux forces américaines dont l’empreinte est toujours visible et à qui l’on doit la piste d’atterrissage du Motu Mute enfin à Paul Emile Victor et à Michener qui décrit Bora Bora comme étant « la plus belle île du monde ».
Taha’a, l’île orchidée
A moins de 3 milles de Rai’atea, Taha’a enserrée dans une même ceinture de corail,semble camper avec énergie sur une mer de corail. Elle offre un relief plus montagneux que son aînée et un contour presque circulaire,déchiquetée par les nombreuses baies qui offrent leur refuge aux voiliers de passage.
Une brèche dans le récif forme une passe ,nommée Paipai qu’emprunte votre yacht pour mouiller devant le motu Tautau face à la baie de Tapuamu.Les plus grandes demeurant la baie de Hurepiti signalée par James Cook dans son journal de voyage le 9 août 1769 et Haamene, la baie la plus profonde de Polynésie.
Restée longtemps isolée la population de Taha’a tire sa subsistance de l’agriculture vivrière,de la pêche,de la récolte du coprah (amande de noix de coco séchée) et de la culture de la vanille. Cette belle orchidée (vanilla tahitensis) a développé des arômes exceptionnels qui font sa renommée sur le marché mondial. Sa culture, qui échappe à toute mécanisation ,est un art véritable qui s’exerce en famille.
Rai’atea,l’île sacrée
C’est la plus vaste des Iles Sous le Vent, vue de la mer au soleil levant,elle étale ses rives couvertes d’une végétation luxuriante et ses pentes tapissées de fougères brûlées par le soleil qui la recouvrent d’une patine dorée.
A l’approche de l’imposant récif qui protège, dans un même écrin, Rai’atea et Taha’a, on aperçoit,entre deux îlots verdoyants la passe de Teavapiti au fond de laquelle s’étend Uturoa,la capitale que surplombe le mont Tapioï.
Le nom ancien de Rai’atea évoque Havai’i lieu mythique originel de tous les polynésiens et dont le symbole le plus prestigieux est le marae Taputapuatea érigé à la fin du 17eme siècle.Ce centre religieux qui est aussi le site historique le mieux préservé du Pacifique Sud, est demeuré le théâtre de rencontres spirituelles et artistiques des différents groupes du triangle polynésien soucieux de se remémorer leur passé originel et de rendre hommage à Oro ,dieu de la guerre,dieu des moissons mais aussi dieu de la musique et fondateur de la société des Arioï célèbres troubadours et comédiens.
C’est à Raiatea,enfin,sur le plateau Temehani-rahi ce splendide mur de basalte, et nulle part ailleurs, que fleurit,aux premières lueurs de l’aube, l’exceptionnelle et rarissime « tiare Apetahi ».
Huahine, l’île des poètes
Formée de deux îles Huahine Nui et Huahine Iti , séparées par la vaste baie de Maroe,on est saisi quand on arrive à Huahine par sa langueur mélancolique et par la présence du passé.
C’est en effet à Fare,village principal de l’île,que furent mis à jour les sites archéologiques de Vaito’otia et de Fa’ahia qui auraient plus de mille ans.
Certains ont traversés le temps et font toujours partie de la vie quotidienne des habitants,c’est le cas,en particulier, des parcs à poissons de Maeva.
C’est à Maeva également, sur les bords du lac de Fauna Nui ,que se dressent les marae des huit chefs de l’île.
D’après la légende,ces huit chefferies auraient été fondées par la princesse Hutu-Hiva qui s’enfuit de Raiatea cachée dans un tambour sacré lequel fut emporté par une vague et échoua sur le site qui fut alors dénommé Manunu.
Huahine,terre d’Henri Hiro, poète, chantre de la culture polynésienne, terre aussi, d’artistes,d’écrivains et d’intellectuels séduits par une aura ineffable qui fait se mêler rêve et réalité . |